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2006 MD 156 Sumatra OBS

by DANIEL Romuald - 4 October 2011

Date de Mission: Juillet 2006

Chef de Mission: Frauke KLINGELHOEFER

C’est la plus grande campagne OBS menée par l’IPGP-CNRS (102 deploiement d’OBS) en collaboration avec l’IFREMER, le laboratoire Domaines Océaniques, l’Institut des sciences indonésien (LIPI) et l’Institut Paul Emile Victor (IPEV). Ce dernier a mis à la disposition de 39 scientifiques français, britanniques, indiens et indonésiens son navire polyvalent, le Marion Dufresne. Un ensemble de 56 sismomètres de fond de mer, appartenant à l’INSU, l’université de Durham, l’IFREMER et le laboratoire Domaines Océaniques, ont été successivement déployés sur deux lignes longues de 250 et de 445 km. Les enregistrements permettront de déterminer la vitesse de propagation des ondes sismiques dans les différentes couches géologiques. Ces résultats seront combinés à ceux d’une seconde étude menée par WesternGeco/Schlumberger, spécialiste industriel de la sismique, pour obtenir la structure en profondeur de l’arc de subduction. Avec une magnitude de 9,3 le séisme de Sumatra-Andaman du 26 décembre 2004 est l’un des trois plus importants jamais enregistrés. La plaque tectonique indienne plonge sous la micro-plaque birmane à plus de 5 cm par an en moyenne mais, localement, les forces de friction empêchent temporairement les plaques de glisser entre elles. La sismicité régionale et les mouvements tectoniques actuels suggèrent que des contraintes mécaniques se sont ainsi accumulées pendant un à trois siècles. La rupture de cet équilibre, qui provoque le séisme, s’est initiée sur une faille inverse (c’est à dire faisant monter un compartiment sur un autre) faiblement inclinée par rapport à l’horizontale (8 à 12°). Le plancher marin s’est soulevé sur 5 m de hauteur en moyenne, sur environ 1300 km de long, de Sumatra au nord des îles Andaman. Ce mouvement a alors été transféré aux masses d’eau, créant ainsi le tsunami dévastateur. La campagne Sumatra-OBS et celle menée par WesternGeco/Schlumberger vont permettre de comprendre comment la rupture s’est propagée depuis la zone source jusqu’au fond marin, et en particulier de connaître la distribution et de la géométrie des failles qui ont joué pendant le séisme. Grâce à ces travaux, il sera possible de mettre en relation les informations acquises sur le fond marin par de futures missions scientifiques avec la structure profonde de cette zone. D’ailleurs, un site de forage profond devrait être proposé dans le cadre du programme IODP, ce qui donnera un éclairage géologique complémentaire sur le fonctionnement de la zone de subduction de Sumatra. Ainsi, une meilleure connaissance du processus générant les séismes de magnitude extrême et les tsunamis associés permettra peut-être aux scientifiques d’aider à définir les mesures à prendre afin d’atténuer les conséquences dramatiques des futurs grands séismes.

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